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1820

Dichtstukjes

C.A. Vervier

Ta puissance, à ses yeux qu'un vain faste séduit, N'est plus qu'un léger songe, une ombre qui s'enfuit.

Non, jamais, d'un tyran, d'un guerrier sanguinaire, Le respect des mortels ne sera le salaire; En vain de leur grandeur, au-delà du cercueil, Un superbe trophée atteste encor l'orgueil; L'histoire en fait justice; et tel est le partage De quiconque entraîné par une aveugle rage, Au lieu de rendre heureux un peuple florissant, N'est ivre que de gloire et n'a soif que de sang.

Cette gloire qu'en vain cherche un héros vulgaire, Elle est due à celui qui, détestant la guerre, Quand les champs de l'Europe encore ensanglantés, Pleurent trente ans de trouble et de calamités, Des Muses sur ses pas ramenant le cortége, Ferme enfin du Dieu Mars le temple sacrilége, Et veut que désormais, sous son sceptre adoré, Le culte seul des arts soit public et sacré.

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