Grâce aux soins d'un ami qui régla nos penchans,
N'ont point dans notre coeur altéré la nature,
Font couler nos beaux jours comme une source pure,
Mais qui, si la raison cesse de les guider,
Ne sont plus qu'un torrent prêt à tout inonder.
Ce poisson qui, perdant l'éclat de son azur,
Pour avoir séjourné dans un bourbier impur,
Cadavre inanimé, suit le courant de l'onde,
C'est un homme endormi dans une nuit profonde,
Qui, se livrant sans frein à de honteux plaisirs,
Ne sait point par l'étude embellir ses loisirs.
Qui pourrait dans ces fleurs dont la molle verdure
Tapisse le rivage et lui sert de ceinture,
Méconnaître les arts dont le brillant flambeau
Par des sentiers fleuris nous conduit au tombeau?
Cette blanche colombe à ma vue attentive,
Réfléchissant son vol dans l'onde fugitive,
N'est-ce point l'espérance, au sourire enchanteur,
Dont un rayon soudain vient luire dans mon coeur?
Ce caillou que la vague use et roule avec elle,
Ne rend que sous l'acier la flamme qu'il recèle;