La rose.
Une rose au calice odorant et vermeil,
Pour la troisième fois avait vu le soleil
Monter de l'orient sur la voûte céleste;
Astre brillant, lui dit la fleur, d'un ton modeste,
Toi dont l'éclat majestueux,
Dont la lumière vive et pure
Éclipse tout dans la nature
Et par delà les temps brillera dans les cieux,
Avant que ton char radieux
Se plonge au sein de l'onde amère,
On aura vu ma beauté passagère
Perdre cette fraîcheur qui charme encor les yeux.
Pourtant, ô source inépuisable
Et de trésors et de clarté!
Je rends grâces à ta bonté,
Non point pour ce don périssable,
Cette beauté trop peu durable,