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1820

Dichtstukjes

C.A. Vervier

Et l'homme trop souvent séduit par son orgueil, Ce pilote insensé qui, d'écueil en écueil, S'égare, au gré des flots, sur l'océan du monde, Mille fois par les vents repoussé loin du bord, Peut toujours dans le port Finir, en t'embrassant, sa course vagabonde.

Mais toi qui du bonheur oses prendre les traits, Toi qui près de son temple élevant ton palais, Ne crains point d'y montrer ta bannière avilie; Qui, sous des monceaux d'or sans cesse ensevelie, Nous fais de maux réels payer des biens trompeurs; Toi qui nous énivrant d'agréables vapeurs, Ne sais, n'as jamais su nous rendre heureux qu'en songe, Fortune, je te crains; je veux fuir à jamais Tes perfides bienfaits; Je veux fuir la mollesse où ta faveur nous plonge.

Entends-tu sur ce roc de la vague battu, Seule, loin des honneurs, l'inflexible vertu Nous montrer du vrai bien les immortelles routes,

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