Mais, ô triste sort des mortels!
Que d'une aveugle confiance
Bientôt je reconnus l'erreur!
Que bientôt de ton inconstance
La trop funeste expérience
Fit évanouir mon bonheur!
Maintenant que tes ruses vaines
Ne peuvent plus m'en imposer;
Que j'ai mis un terme à mes peines;
Que j'ai brisé toutes mes chaînes,
Tu crois encore m'abuser;
Tu crois encor par un sourire,
Par un clin-d'oeil me rengager
Sous ton insupportable empire,
Lorsqu'en effet ton coeur n'aspire
Qu'à me punir, qu'à te venger
Du mépris que ton joug m'inspire.
Cesse, ô mon ami, d'y songer.
Quiconque, après un long délire,
Abjure enfin sa passion,
Par une même illusion
Se laisse rarement séduire.
Ainsi le chantre des bosquets,
Une fois sorti des filets