La contemplation.
Tandis qu'en une douce et longue rêverie,
Au bord de ce ruisseau qui baigne la prairie,
Penché nonchalamment sur un lit de gazon,
J'abandonne au repos mes sens et ma raison,
Et qu'au bruissement des tilleuls et des frênes
Qui balancent sur moi leurs ombres incertaines,
Laissant un monde vain plus changeant que les flots,
De loin, d'un oeil distrait, je suis le cours des eaux,
J'y crois voir de la vie une fidèle image,
Que tout passe et s'enfuit, plaisirs, fraîcheur de l'âge,
Tout, hormis la vertu qui ne saurait périr,
Et que l'homme en naissant doit songer à mourir.
Le Zéphir qui d'une aile humide, caressante,
Agite la Naïade émue et frémissante,
Ce sont nos passions qui, lorsque les méchans,