Insecte rampant sur la terre,
Déjà t'apprêtant à changer,
Tu laisses voir ton caractère,
O Papillon vif et léger!
Le printemps vient: tu romps ta chaîne;
Tu prends ton essor; et soudain
Les champs de l'air sont ton domaine,
Et nos parterres, ton butin.
Sous une enveloppe grossière
Obscurément emprisonné,
Ainsi l'esprit à la poussière
En naissant paraît enchaîné.
La raison luit; l'ombre s'efface;
Nous embrassons la vérité;
Et l'esprit planant dans l'espace
S'élève à l'immortalité.