A l'Amour.
Petit enfant, aveugle dieu
Qui sans cesse aiguisant tes armes,
De nos tourmens te fais un jeu,
Et nous lançant des traits de feu,
Te plais à voir couler nos larmes;
Toi qui déchires et jamais
Ne guéris les maux que tu fais;
Toi que nulle pitié ne touche;
Enfant plus cruel, plus farouche
Que tous les monstres des forêts;
Libre des sermens indiscrets
D'un amour, hélas! trop sincère,
Je brave aujourd'hui ta colère
Et j'ose défier tes traits.
Long-temps tu reçus mes offrandes;
Long-temps de pompeuses guirlandes
Mes mains ornèrent tes autels.
J'y portais une ame innocente,
Fidèle, et d'artifice exempte;