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1820

Dichtstukjes

C.A. Vervier

Leur indépendance est le gage. L'indépendance! quel présent Après un si long esclavage! Je ne plains point le boeuf pesant

Qui, suant, se traînant à peine, Ouvre la terre en gémissant, Ni le coursier obéissant Qui, sous son maître, en bondissant,

Ronge son frein et fend la plaine. Le ciel, pour nos besoins divers, Façonnant leur instinct docile, Leur donna cet esprit servile

Que ne révoltent pas les fers. Mais, comme l'aigle au haut des airs, S'élève et plane sans entraves, Les arts, dans leurs transports ardens,

De toute chaîne indépendans, Languissent dès qu'ils sont esclaves. Ils ne le seront plus chez nous; Et, loin du tumulte des armes,

Tu vas, à l'abri des alarmes, En cueillir les fruits les plus doux; Celui qui, du centre des sphères, Abaissant sur toi ses regards,

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