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1884

UN TABLEAU DE SNYDERS

Alfred BUSQUET

Au palais du Musée, au-dessus d’une porte, Dans la reine-cité qu’on appelle Bordeaux, Je vis, hier, un tableau peint d’une étrange sorte Et qui m’a fait rêver, — car il déplaît aux sots.

C’est ton œuvre, ô Snyders, ton œuvre la plus forte, Rubens dut applaudir à ces efforts nouveaux. Et je ne connais rien de Vernix ou Desporte Qui vaille la leçon que donnent tes pinceaux :

Un lion malade et vieux, dévoré de vermine. Voit des lièvres en foule assiéger son échine. Et s’assied pour mourir au milieu du chemin ! O vieillesse ennemie, ô deuil, ô solitude !

Ces braves d’aujourd’hui, lâches du lendemain. Sont les amis des Rois, — et de la multitude !…

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