Pour toi j’ai tout perdu, repos et poésie,
Pour toi seul à jamais j’ai banni l’amitié ;
Pour toi, comme un parfum dans ta coupe choisie.
J’ai versé tout mon cœur et l’ai mis sous ton pié.
Pour toi j’aurais donné de mon sang la moitié.
Pour toi j’aurais au ciel dérobé l’ambroisie.
Et qu’as-tu fait de moi, de tant d’amour saisie ?
Un pauvre fou sans tête et qui fait grand’pitié.
Mon Dieu ! me tiendras-tu compte de ma souffrance ?
Ne reviendras-tu pas vers moi, blonde espérance ?
Et vous, m’avez-vous fui, mes rêves d’autrefois ?
Toi qui m’as fait ainsi misérable à moi-même.
Je devrais amasser sur ta tête à la fois
La vengeance et la haine éternelle. — Je t’aime !