J’ai vu tes bas, ô charmante inconnue,
Tes bas mignons, délicats à ravir.
Et j’ai senti, — fut-ce un ressouvenir ?
L’ardent besoin de voir ta jambe nue.
Soit qu’un ruissel oppose à ton désir
Le noir torrent de sa naïade accrue,
Soit qu’un vent froid s’engouffrant par la rue
Sous tes jupons, soit prêt à s’enhardir.
Ce bas mignon a mis mon cœur en chasse ;
Dans les tableaux où mon rêve l’enchâsse
Je le verrai passer et repasser…
Qu’il vaudrait mieux cependant, ma charmante.
Qu’il fût encor sur le métier qui chante.
Et que pour bas tu prisses mon baiser !