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1884

GRENADE

Alfred BUSQUET

L’Alaméda bruit, le zacatin flamboie. Les marchands accroupis étalent leurs bijoux. Le ciel est plein d’ivresse et la ville est en joie. On boit de la musique avec des limons doux.

Comme des papillons de nuit, sans qu’on les voie. Les rouges éventails agitent leurs froufrous. Les yeux suivent les yeux, et les robes de soie Vous frôlent doucement, en dépit des jaloux.

Dans les rougeurs du soir, la Névada s’accuse. Blancheur étourdissante, immaculé sommet Où la neige d’hiver s’amoncelle et s’infuse. Et la lune émergeant des ravins ténébreux,

Au front de l'Albacyn comme une aigrette, met Le croissant, souvenir d’un âge plus heureux

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