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1884

ÉLÉGIE

Alfred BUSQUET

Que je suis donc infortunée ! Le malheur m’a prise au berceau, Et sur ma triste destinée Le noir chagrin a mis son sceau.

Tout d’abord j’ai -perdu mon père Son âme est remontée au ciel : Son regard était peu sévère, Et sa parole était de miel !

Puis ma mère s’en est allée. Toute jeune dans son printemps. Et mon enfance inconsolée Ignora les jeux de longtemps.

Je n’ai plus le souci des choses. Rien ne plaît à mon cœur chagrin Je n’aime plus même les roses. Je pleure du soir au matin.

Mes colombes apprivoisées, Peureuses, s’éloignent de moi ; Les hirondelles des croisées S’enfuient avec des cris d'effroi.

Le jasmin détourne la tête, Le muguet rougit sous mes pas Pour moi le ciel n’a plus de fête. Ah ! que mon triste cœur est las !

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