Skip to content
1884

CHANSON NORMANDE

Alfred BUSQUET

— Matelot, posté dans la hune, Que vois-tu sur le flot lointain ? — Je vois la lune Faisant des cornes au matin.

— Dis-nous, vois-tu quelque autre chose, Bon matelot ? — Je vois blêmir l’horizon rose Et le soleil comme un falot.

— Bon matelot, vois-tu la terre Que nous appelons de nos vœux ? — J’ai de bons yeux. Mais de la voir je désespère.

— N’entends-tu rien, bon matelot ? — J’entends encore, J’entends comme un lointain sanglot Venu du pays que j’adore.

Ma mère est morte, après ma sœur ; De la maison, c’était la joie Et la douceur. Faut-il qu’au tombeau je l’envoie !

Ma fiancée est morte aussi ; Pauvre colombe ! Adieu, compagnons, j’ai souci De la rejoindre dans la tombe.

— Descends vite, bon matelot ; Voici le port, voici la terre Et puis ta mère Qui te cherche avec un sanglot.

Voici ta pâle fiancée. Ta sœur, hélas ! Et ton père, dont la pensée Te suivait dans tous les climats.

Amis, votre clameur est vaine, Mort est celui qui souffrait tant ! — Et l'on entend Lèvent souffler dans la misaine.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
CHANSON NORMANDE · Alfred BUSQUET · Poetry Cove