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1884

CHANSON CHINOISE

Alfred BUSQUET

J’ai vu, ce soir, de ma terrasse, Son front si clair briller dans l’eau ; Pour le baiser, j’étais trop haut, — Pour le fuir — j’avais trop d’audace !

Verse, Bouddha, verse l’oubli Au petit cousin de Fô-Li. Il flottait, coupé par la lame. Comme un gracieux nénuphar ;

Ce front fuyant sera ma dame. Je le jure par mon kandjar ! Verse, Bouddha, verse l’oubli Au petit cousin de Fô-Li.

Sous les roses fleurs du pêcher, J’ai noyé le beau front rebelle, Mais il reparaît de plus belle… Le flot ne veut pas le cacher !

Verse, Bouddha, verse l’oubli Au petit cousin de Fô-Li. Ah ! pour suivre et baiser sa trace Si j’étais l’ombre du sureau !

Je m’en irais au fil de l’eau … Maudit soit cet amour fugace ! Verse, Bouddha, verse l’oubli Au petit cousin de Fô-Li.

A l’heure où la lune se lève. Je veux revenir chaque soir Sur la terrasse, afin de voir Radieux, se lever mon rêve !

Verse, Bouddha, verse l’oubli Au petit cousin de Fô-Li. Et pour arrêter le contour Du jeune et gracieux visage

Qui devant mes yeux flotte et nage, Libellule de mon amour ! Verse, Bouddha, verse l’oubli Au petit cousin de Fô-Li.

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