J’ai vu, ce soir, de ma terrasse,
Son front si clair briller dans l’eau ;
Pour le baiser, j’étais trop haut, —
Pour le fuir — j’avais trop d’audace !
Verse, Bouddha, verse l’oubli
Au petit cousin de Fô-Li.
Il flottait, coupé par la lame.
Comme un gracieux nénuphar ;
Ce front fuyant sera ma dame.
Je le jure par mon kandjar !
Verse, Bouddha, verse l’oubli
Au petit cousin de Fô-Li.
Sous les roses fleurs du pêcher,
J’ai noyé le beau front rebelle,
Mais il reparaît de plus belle…
Le flot ne veut pas le cacher !
Verse, Bouddha, verse l’oubli
Au petit cousin de Fô-Li.
Ah ! pour suivre et baiser sa trace
Si j’étais l’ombre du sureau !
Je m’en irais au fil de l’eau …
Maudit soit cet amour fugace !
Verse, Bouddha, verse l’oubli
Au petit cousin de Fô-Li.
A l’heure où la lune se lève.
Je veux revenir chaque soir
Sur la terrasse, afin de voir
Radieux, se lever mon rêve !
Verse, Bouddha, verse l’oubli
Au petit cousin de Fô-Li.
Et pour arrêter le contour
Du jeune et gracieux visage
Qui devant mes yeux flotte et nage,
Libellule de mon amour !
Verse, Bouddha, verse l’oubli
Au petit cousin de Fô-Li.