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1884

AU FAUNE BARBERINI

Alfred BUSQUET

Faune, salut ! salut, doux amant des forêts. Qui reposes couché sur le tronc d’un vieux hêtre ; Le marbre querelleur te tient dans ses rêts. Et sur ta lèvre en fleur l'âme cherche à paraître.

Qui t’a fait si rêveur ? Qui mit tant de secrets Dans le mol abandon de ta grâce champêtre ? Un dieu se cache en toi sous des voiles discrets. Mais rien qu’à son sommeil un dieu se fait connaître.

La vie et le repos se combattent en toi, Comme l’ombre et le jour se disputent l’Aurore, Comme le doute amer étreint l’ardente foi ; Tu n’es plus ce proscrit que le chrétien abhorre.

— Retourne à tes autels, ô jeune homme charmant. Dieu jeune. Dieu vainqueur, au bois de l’art dormant

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