Ah ! pourquoi n’a-t-on pas des ailes ?
Vers les demeures éternelles
On volerait si haut, si haut,
Que l’on verrait Dieu, dans l’extase.
Comme on voit à travers l’espace
Le soleil si clair et si beau !
Ah ! pourquoi n’a-t-on pas des ailes
Au-devant des saisons nouvelles
On volerait si loin, si loin.
Que fuyant la neige et le givre,
De fleurs et d’air on serait ivre
Avec le printemps pour témoin !
Ah ! pourquoi n’a-t-on pas des ailes ?
Vers les amis au cœur fidèle
On volerait si près, si près,
Que l’on supprimerait l’absence
Et qu’on jouirait de leur présence
Délicieuse et sans apprêts.
Ah ! pourquoi n'a-t-on pas des ailes ?
Comme les jeunes hirondelles
On volerait si bas, si bas.
Qu’en embrassant sa jeune amie.
Dans un rêve heureux endormie.
Son petit cœur n’entendrait pas !