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1831

UN JOUR

Auguste BRIZEUX

Qui n'eut parmi ces jours, déjà bien loin peut-être, Un jour plus beau qu'eux tous, qui ne doit plus renaître, Mais qui survit dans l'âme et dont le souvenir, Délice du passé, charme aussi l'avenir :

Jour d'innocente joie et pur de tout nuage, Dont une amitié douce a marqué le passage ; Où quelque aveu naïf et longtemps suspendu D'une bouche adorée enfin fut entendu ;

Où d'un premier transport, qu'il n'eût point fallu croire, Tout le cœur tressaillit et devina la gloire ? Ah ! Quand d'un bras de fer le sort pèse sur nous, Que de ce jour aimé le souvenir est doux !

Qu'il est doux d'éveiller au fond de sa pensée Son image assoupie et jamais effacée, Avec un soin jaloux d'en rassembler les traits, Lentement, à loisir, non sans quelques regrets,

Comme après un sommeil dont l'erreur se prolonge, On aime à suivre encor les prestiges d'un songe !

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