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1874

Lettre à Loïc

Auguste BRIZEUX

AU pays de Kerné, toi qui sous un vieux maître Appris tant de latin qu’on t’appelait le prêtre, Habile clerc, dis-moi si la fleur d’or Sur les landiers de l’Aven brille encor.

Ici les lieux sont tels que dans l’antique idylle : La vigne est fraîche et pend aux branches de l’ormeau, Chaque vallon renvoie un bruit de chalumeau, Et voici l’humble case avec son toit d’argile.

Prends garde, pèlerin ! sous ce vert coudrier Une bergère fuit l’appel du chevrier ; Le bouc saute à l’entour ; aux cris de la cigale L’amoureuse colombe en paix couve ses œufs ;

Le taureau va suivant sa compagne, et les bœufs Au loin, le long des prés, tondent l’herbe inégale. Habile clerc, dis-moi si la fleur d’or Sur les landiers de l’Aven brille encor,

Au pays de Kerné, toi qui sous un vieux maître Appris tant de latin qu’on t’appelait le prêtre.

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