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1874

Lettre à Berthel

Auguste BRIZEUX

ÉCRIS - MOI, mon ami, si devant ta faucille Le seigle mûr de couleuvres fourmille ; Dis-moi, brave Berthel, si les chiens altérés Errent par bande aux montagnes d’Arrez.

Hélas ! durant ce mois d’ardente canicule, Tout fermente ; et partout un noir venin circule. Pour charmer les serpents tu m’as dit tes chansons : Quand, dressés sur la queue, ils sifflent prêts à mordre,

On siffle ; eux de rentrer leur dard et de se tordre, Et, charmés, de s’étendre aux rebords des buissons. Ainsi, d’un pied hardi je vais dans la campagne. Puis je porte à la main un bâton de Bretagne

(De nœuds égaux formé, garni d’un bout de fer) : La fougère suffit pour trancher les couleuvres ; Mais les chiens dans ce mois errent, je crains leurs œuvres, Eux craignent mon bâton lorsqu’il tourne dans l’air.

Écris-moi, mon ami, si devant ta faucille Le seigle mûr de couleuvres fourmille ; Dis-moi, brave Berthel, si les chiens altérés Errent par bande aux montagnes d’Arrez.

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