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1874

Le Rêve

Auguste BRIZEUX

CETTE nuit je rêvais. Sous une forteresse Mon corps était couché (le rêve sait pourquoi), Et bombes et boulets, lancés avec adresse, Tombaient incessamment, tombaient autour de moi ;

Tant que je m’écriai : « Si le ciel ne m’assiste, Mon heure va sonner ; à mon âge c’est triste ! » Résigné, j’attendais un des terribles coups : « Qu’il vienne enfin, qu’il vienne et creuse aussi ma tombe. »

Mais rien ne m’atteignait, car ma mère, à genoux, Écartait en priant le boulet et la bombe.

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