Skip to content
1831

LE LIVRE BLANC

Auguste BRIZEUX

J'entrais dans mes seize ans, léger de corps et d'âme, Mes cheveux entouraient mon front d'un filet d'or, Tout mon être était vierge et pourtant plein de flamme, Et vers mille bonheurs je tentais mon essor.

Lors m'apparut mon ange, aimante créature ; Un beau livre brillait sur sa robe de lin, Livre blanc ; chaque feuille était unie et pure : " C'est à toi, me dit-il, d'en remplir le vélin.

" Tâche de n'y laisser aucune page vide : Que l'an, le mois, le jour, attestent ton labeur ! Point de ligne surtout et tremblante et livide Que l'œil fuit, que la main ne tourne qu'avec peur !

" Fais une histoire calme et doucement suivie ; Pense, chaque matin, à la page du soir : Vieillard, tu souriras au livre de ta vie, Et Dieu te sourira lui-même en ton miroir. "

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE LIVRE BLANC · Auguste BRIZEUX · Poetry Cove