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1874

La Chanson de l’Ermite

Auguste BRIZEUX

LA chaumière où seul j’habite Est petite, Mais elle est près d’un étang Et d’un bois jeune et flottant

Qui l’abrite. Dés le matin sous mon chaume Tout embaume. Mes deux volets sont ouverts :

Du chanvre et des genêts verts Quel arôme ! Lorsque la chaleur arrive, Quand le givre

Se cache au fond du blé noir, Je puise à mon réservoir. Une eau vive. Enfin la fraîcheur retombe,

La colombe Roucoule sur ma maison ; Moi, j’entonne une oraison : Le jour tombe.

Ainsi je vis en ermite. Dans mon gîte, D’eau, de parfum, de chanson ; Et la nuit je dis ton nom,

Marguerite ! Marguerite, ô pèlerine Blanche et fine. En regagnant ton manoir.

Dans mon clos viens donc t’asseoir En voisine.

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