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1874

L’Église byzantine

Auguste BRIZEUX

UNE lune d’argent se penchait sur la terre ; Nous, dans Pise la Sainte arrivés, aussitôt Nous avons fait trois fois le tour du baptistère, Comme des pèlerins au temps du bon Giotto,

Et là, tout enivrés d’extases enfantines, Dôme, nous embrassions tes portes byzantines ; Puis cet hymne d’amour qu’inspire la beauté S’exhalant de mon âme, en pleurant j’ai chanté :

« De l’union des temps religieux symbole, Salut, art opulent, ô bel art byzantin, Où l’Europe et l’Asie ont mêlé leur parole Dans un accord libre et divin !

« L’esprit s’était enfui des temples de l’Attique, Pour son âge nouveau leur voûte manquait d’air ; Et voici qu’attristé du sombre arceau gothique, Il cherche un autre asile aussi calme et plus clair,

À lui-même plus harmonique. « Tu pourras l’accueillir, art humain et sacré, Avec toi l’âme monte à Dieu sans s’y confondre : Salut, docte formule, ô modèle épuré.

Où des temps opposés les lois viennent se fondre ! » Et nous allions encor par la noble cité, Aspirant son air doux, rasant ses larges dalles : Tout brillait revêtu d’une molle clarté,

Les vieux murs crénelés et les tours féodales ; Et le chantre évoqué des choses idéales, Dante nous précédait avec solennité.

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