OUI, c’est encor Paris avec ses gais dimanches, Quand de la ville aux bois volent les robes blanches ! Ah ! combien vont chercher l’ombre de la foret Qui pourtant trahira leur joie ! On murmurait :
« L’orage a dispersé la danse, Mais l’amour a moins de prudence, Et nous voilà demeurés seuls À l’abri de ces hauts tilleuls.
« Causons de nos amours, ma chère, Et laissons gronder le tonnerre. « Qu’en valsant, ce voile de soie Flotte avec grâce et se déploie !
N’est-ce pas ? ces jeux sont bien doux : Mais ici pourquoi tremblez-vous ? « Causons de nos amours, ma chère. Et laissons gronder le tonnerre.
« Que votre taille avec souplesse Se livre au danseur qui la presse ! Que vos pas sont légers et mous ! Mais ici pourquoi tremblez-vous ?
« Causons de nos amours, ma chère, Et laissons gronder le tonnerre. « Lorsque votre main dégantée Sur la mienne s’est arrêtée,
Qu’il faisait beau voir les jaloux ! Mais ici pourquoi tremblez-vous ? « Causons de nos amours, ma chère, Et laissons gronder le tonnerre.
« Causons ! mais déjà dans l’espace Le tonnerre s’éloigne et passe, Et des danseurs jeunes et fous Les regards se tournent vers nous.
« Allons à leurs plaisirs, ma chère. Et laissons passer le tonnerre… » Le bal recommença. Mais sur les verts gazons D’autres, aux bruits lointains des joyeuses chansons,
S’en allaient devisant, troupe calme et choisie, Sur l’art, sur la science et sur la poésie.
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