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1874

Aux environs d’Albano

Auguste BRIZEUX

BOIS où se sont perdus Merlin et Viviane, Aviez-vous plus d’arôme aux coupes de vos fleurs ? Plus d’émail à vos pieds ? Sur la verte liane Les oiseaux brillaient-ils de plus riches couleurs ?

O délices du lac d’Albane ! Calme et parfum ! Et puis des couples gracieux Qui la main dans la main, lentement, sous les chênes, Vont former quelque danse aux collines prochaines.

Je passe et poliment on me sourit des yeux. Ainsi, vers Comanâ, cheminant un dimanche, De chaque feutre noir, de chaque coiffe blanche, M-arrivait un bonjour, mais grave et sérieux.

Ébloui des splendeurs de cette terre épique, À midi je m’assieds sous la chaleur du jour ; Je tourne encor les yeux vers la Sabine antique, Puis, vaincu, je les ferme au bruit d’un chant rustique :

Un jour Milton dormant eut un baiser d’amour. Pour les dames allant vers leur villa de marbre Sans gloire et sans lauriers mon front ne brille pas ; Mais, filles d’Albano, sous l’ombre de cet arbre

Arrêtez, arrêtez vos pas ! Les lèvres qui chantaient ma jeune paysanne S’ouvrent encore et mon cœur en émane.

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