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1831

À LA MÉMOIRE DE GEORGES FARCY

Auguste BRIZEUX

Oui ! Toujours j'enviai, Farcy, de te connaître, Toi, que si jeune encore on citait comme un maître, Cœur tendre, qui d'un souffle, hélas ! T'intimidais, Attentif à cacher l'or pur que tu gardais !

Un soir, en nous parlant de Naple et de ses grèves, Beaux pays enchantés où se plaisaient tes rêves, Ta bouche eut un instant la douceur de Platon ; Tes amis souriaient, lorsque, changeant de ton,

Tu devins brusque et sombre, et te mordis la lèvre, Fantasque, impatient, rétif comme la chèvre ! Ainsi tu te plaisais à secouer la main Qui venait sur ton front essuyer ton chagrin.

Que dire ? Le linceul aujourd'hui te recouvre ; Et, j'en ai peur, c'est lui que tu cherchais au Louvre. Paix à toi, noble cœur ! Ici tu fus pleuré Par un ami bien vrai, de toi-même ignoré ;

Là-haut, réjouis-toi ! Platon parmi les ombres Te dit le verbe pur, Pythagore, les nombres.

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