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1874

À la Fontaine féerique

Auguste BRIZEUX

JE viens comme Merlin m’asseoir à ton perron ; Source, apaise ma soif et rafraîchis mon front. L’Esprit intérieur qui me dictait ce livre, Sage modérateur, me défend de poursuivre.

Dans le monde idéal j’ai cueilli tour à tour L’âpre fruit de Science et le doux fruit d’Amour ; M’élevant sans orgueil vers le Souverain Maître, Sur Lui, l’être complet, j’ai modelé mon être ;

Dans sa triple unité Lui constamment égal, L’homme cherchant toujours l’accord primordial : Dans l’art, dans la nature, en moi, vivante Idée, Avec quel saint respect mes yeux t’ont regardée !

Mon voyage est fini. Vienne à présent le sort, Mon cœur est aussi bon, mon esprit est plus fort. J’ai touché dans la vie à chaque point extrême, L’Amour m’a dit enfin le secret de moi-même.

Désormais tous mes vers aux peuplades d’Arvor ! Fontaine, laisse-moi boire à ton bassin d’or !

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