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1815

PARNY

Pierre-Jean BÉRANGER

Je disais au fils d'épicure : " réveillez par vos joyeux chants Parny, qui sait de la nature Célébrer les plus doux penchants. "

Mais les chants que la joie inspire Font place aux regrets superflus : Parny n'est plus ! Il vient d'expirer sur sa lyre :

Parny n'est plus ! Je disais aux graces émues : " il vous doit sa célébrité. Montrez-vous à lui demi-nues ;

Qu'il peigne encor la volupté. " Mais chacune d'elles soupire Auprès des plaisirs éperdus. Parny n'est plus !

Il vient d'expirer sur sa lyre : Parny n'est plus ! Je disais aux dieux du bel âge : " amours, rendez à ses vieux ans

Les fleurs qu'aux pieds d'une volage Il prodigua dans son printemps. " Mais en pleurant je les vois lire Des vers qu'ils ont cent fois relus.

Parny n'est plus ! Il vient d'expirer sur sa lyre : Parny n'est plus ! Je disais aux muses plaintives :

" oubliez vos malheurs récents ; Pour charmer l'écho de nos rives, Il vous suffit de ses accents. " Mais du poétique délire

Elles brisent les attributs. Parny n'est plus ! Il vient d'expirer sur sa lyre : Parny n'est plus !

Il n'est plus ! Ah ! Puisse l'envie S'interdire un dernier effort ! Immortel il quitte la vie ; Pour lui tous les dieux sont d'accord.

Que la haine, prête à maudire, Pardonne aux aimables vertus. Parny n'est plus ! Il vient d'expirer sur sa lyre :

Parny n'est plus !

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