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1815

LES ROMANS

Pierre-Jean BÉRANGER

Tu veux que pour toi je compose Un long roman qui fasse effet. À tes vœux ma raison s'oppose ; Un long roman n'est plus mon fait.

Quand l'homme est loin de son aurore, Tous les romans deviennent courts ; Et je ne puis long-temps encore Prolonger celui des amours.

Heureux qui peut dans sa maîtresse Trouver l'amitié d'une sœur ! Des plaisirs je te dois l'ivresse, Et des tendres soins la douceur.

Des héros, des prétendus sages Les longs romans, qui font pitié, Ne vaudront jamais quelques pages Du doux roman de l'amitié.

Triste roman que notre histoire ! Mais, Sophie, au sein des amours, De ton destin, j'aime à le croire, Les plaisirs charmeront le cours.

Ah ! Puisses-tu, vive et jolie, Long-temps te couronner de fleurs, Et sur le roman de la vie Ne jamais répandre de pleurs !

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