Skip to content
1815

LE COMMENCEMENT DU VOYAGE

Pierre-Jean BÉRANGER

Voyez, amis, cette barque légère Qui de la vie essaie encor les flots : Elle contient gentille passagère ; Ah ! Soyons-en les premiers matelots.

Déja les eaux l'enlèvent au rivage Que doucement elle fuit pour toujours. Nous qui voyons commencer le voyage, Par nos chansons égayons-en le cours.

Déja le sort a soufflé dans les voiles ; Déja l'espoir prépare les agrès, Et nous promet, à l'éclat des étoiles, Une mer calme et des vents doux et frais.

Fuyez, fuyez, oiseaux d'un noir présage : Cette nacelle appartient aux amours. Nous qui voyons commencer le voyage, Par nos chansons égayons-en le cours.

Au mât propice attachant leurs guirlandes, Oui, les amours prennent part au travail. Aux chastes sœurs on a fait des offrandes, Et l'amitié se place au gouvernail.

Bacchus lui-même anime l'équipage, Qui des plaisirs invoque le secours. Nous qui voyons commencer le voyage, Par nos chansons égayons-en le cours.

Qui vient encor saluer la nacelle ? C'est le malheur bénissant la vertu, Et demandant que du bien fait par elle Sur cet enfant le prix soit répandu.

À tant de vœux dont retentit la plage, Sûrs que jamais les dieux ne seront sourds, Nous qui voyons commencer le voyage, Par nos chansons égayons-en le cours.

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE COMMENCEMENT DU VOYAGE · Pierre-Jean BÉRANGER · Poetry Cove