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1815

LE CARILLONNEUR

Pierre-Jean BÉRANGER

Digue, digue, dig, din, dig, din, don. Ah ! Que j'aime À sonner un baptême ! Aux maris j'en demande pardon.

Dig, din, don, din, digue, digue, don. Les décès m'ont assez fait connaître ; Préludons sur un ton plus heureux. D'un vieillard l'héritier vient de naître.

Sonnons fort : c'est un fait scandaleux. Digue, digue, dig, din, dig, din, don. Ah ! Que j'aime À sonner un baptême !

Aux maris j'en demande pardon. Dig, din, don, din, digue, digue, don. La maman est gaillarde et jolie : Mais l'époux est triste et catarrheux ;

Sur son compte il sait ce qu'on publie. Sonnons fort : il n'est pas généreux. Digue, digue, dig, din, dig, din, don. Ah ! Que j'aime

À sonner un baptême ! Aux maris j'en demande pardon. Dig, din, don, din, digue, digue, don. De l'enfant quel peut être le père ?

N'est-ce pas mon voisin le banquier ? Les cadeaux mènent vite une affaire. Sonnons fort : il est gros marguillier. Digue, digue, dig, din, dig, din, don.

Ah ! Que j'aime À sonner un baptême ! Aux maris j'en demande pardon. Dig, din, don, din, digue, digue, don.

Si j'osais, je dirais que le maire S'est créé ce petit échevin ; Je l'ai vu chiffonner la commère. Sonnons fort : je boirai de son vin.

Digue, digue, dig, din, dig, din, don, Ah ! Que j'aime À sonner un baptême ! Aux maris j'en demande pardon.

Dig, din, don, din, digue, digue, don. Je crois bien que notre grand vicaire Aura mis le doigt au bénitier. Depuis peu ma fille a su lui plaire.

Sonnons fort, pour l'honneur du métier. Digue, digue, dig, din, dig, din, don. Ah ! Que j'aime À sonner un baptême !

Aux maris j'en demande pardon. Dig, din, don, din, digue, digue, don. Notre gouverneur a, je le pense, Prélevé des droits sur ce terrain ;

Dans l'église il vient donner quittance. Sonnons fort : monseigneur est parrain. Digue, digue, dig, din, dig, din, don. Ah ! Que j'aime

À sonner un baptême ! Aux maris j'en demande pardon. Dig, din, don, din, digue, digue, don. Plus facile à nommer que ton père,

Cher enfant, quel bonheur infini ! Je suis sûr de te voir plus d'un frère. Sonnons fort : et que Dieu soit béni ! Digue, digue, dig, din, dig, din, don.

Ah ! Que j'aime À sonner un baptême ! Aux maris j'en demande pardon. Dig, din, don, din, digue, digue, don.

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