Skip to content
1815

LE BEDEAU

Pierre-Jean BÉRANGER

Pauvre bedeau ! Métier d'enfer ! La grand'messe aujourd'hui me damne. Pour me régaler du plus cher, Au beau coin m'attend dame Jeanne.

Voici l'heure du rendez-vous ; Mais nos prêtres s'endorment tous. Ah ! Maudit soit notre curé ! Je vais, sacristie !

Manquer la partie. Jeanne est prête et le vin tiré. Ite, missa est, Monsieur le curé ! Nos enfants de chœur, j'en réponds,

Devinent ce qui me tracasse. Dépêchez-vous, petits fripons, Ou vous aurez des coups de masse. Chantres, c'est du vin à dix sous :

Chantez pour moi comme pour vous. Mais maudit soit notre curé ! Je vais, sacristie ! Manquer la partie.

Jeanne est prête et le vin tiré. Ite, missa est, Monsieur le curé ! Notre suisse, alongez le pas ; Sur-tout faites ranger ces dames.

La quête ne finira pas : Le vicaire lorgne les femmes. Ah ! Si la gentille Babet Pour se confesser l'attendait !

Mais maudit soit notre curé ! Je vais, sacristie ! Manquer la partie. Jeanne est prête et le vin tiré.

Ite, missa est, Monsieur le curé ! Curé, songez à la saint-Leu : Ce jour-là vous dîniez en ville. Quel train vous nous meniez, morbleu !

On passa presque l'évangile. En faveur de votre bedeau Sautez la moitié du credo. Mais maudit soit notre curé !

Je vais, sacristie ! Manquer la partie. Jeanne est prête et le vin tiré. Ite, missa est, Monsieur le curé !

Cookies on Poetry Cove

We use cookies to remember your language preference and — only with your consent — to learn how Poetry Cove is used. You can change your mind any time.
LE BEDEAU · Pierre-Jean BÉRANGER · Poetry Cove