Au caveau je n'osais frapper ; Des méchants m'avaient su tromper. C'est presque un cercle académique, Me disait maint esprit caustique.
Mais, que vois-je ! De bons amis Que rassemble un couvert bien mis. Asseyez-vous, me dit la compagnie. Non, non, ce n'est point comme à l'académie.
Ce n'est point comme à l'académie. Je me voyais, pendant un mois, Courant pour disputer les voix À des gens qu'appuîrait le zèle
D'un grand seigneur ou d'une belle : Mais, faisant moitié du chemin, Vous m'accueillez le verre en main. D'ici l'intrigue est à jamais bannie :
Non, non, ce n'est point comme à l'académie. Ce n'est point comme à l'académie. Toussant, crachant, faudra-t-il donc, Dans un discours superbe et long,
Dire : quel honneur vous me faites ! Messieurs, vous êtes trop honnêtes ; Ou quelque chose d'aussi fort ? Mais que je m'effrayais à tort !
On peut ici montrer moins de génie. Non, non, ce n'est point comme à l'académie. Ce n'est point comme à l'académie. Je croyais voir le président
Faire bâiller en répondant Que l'on vient de perdre un grand homme ; Que moi je le vaux, Dieu sait comme. Mais ce président sans façon
Ne pérore ici qu'en chanson : Toujours trop tôt sa harangue est finie. Non, non, ce n'est point comme à l'académie. Ce n'est point comme à l'académie.
Admis enfin, aurai-je alors, Pour tout esprit, l'esprit de corps ? Il rend le bon sens, quoi qu'on dise, Solidaire de la sottise ;
Mais dans votre société, L'esprit de corps c'est la gaîté. Cet esprit-là règne sans tyrannie. Non, non, ce n'est point comme à l'académie.
Ce n'est point comme à l'académie. Ainsi, j'en juge à votre accueil, Ma chaise n'est point un fauteuil. Que je vais chérir cet asile,
Où tant de fois le vaudeville A renouvelé ses grelots, Et sur la porte écrit ces mots : Joie, amitié, malice et bonhomie !
Non, non, ce n'est point comme à l'académie. Ce n'est point comme à l'académie.
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