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1815

FRÉTILLON

Pierre-Jean BÉRANGER

Francs amis des bonnes filles, Vous connaissez Frétillon : Ses charmes aux plus gentilles Ont fait baisser pavillon.

Ma Frétillon, Cette fille Qui frétille, N'a pourtant qu'un cotillon.

Deux fois elle eut équipage, Dentelles et diamants, Et deux fois mit tout en gage Pour quelques fripons d'amants.

Ma Frétillon, Cette fille Qui frétille, Reste avec un cotillon.

Point de dame qui la vaille : Cet hiver, dans son taudis, Couché presque sur la paille, Mes sens étaient engourdis.

Ma Frétillon, Cette fille Qui frétille, Mit sur moi son cotillon.

Mais que vient-on de m'apprendre ? Quoi ! Le peu qui lui restait, Frétillon a pu le vendre Pour un fat qui la battait !

Ma Frétillon, Cette fille Qui frétille, A vendu son cotillon.

En chemise, à la croisée, Il lui faut tendre ses lacs. À travers la toile usée, Amour lorgne ses appas.

Ma Frétillon, Cette fille Qui frétille, Est si bien sans cotillon !

Seigneurs, banquiers et notaires La feront encor briller ; Puis encor des mousquetaires Viendront la déshabiller.

Ma Frétillon, Cette fille Qui frétille, Mourra sans un cotillon.

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