Si l'on me coupe en deux pour m'arracher la vie,
Que m'importe après tout ! ce n'est pas un grief :
Je reprendrai bientôt la route poursuivie,
Avec un double corps pourvu d'un nouveau chef.
Je suis l'étroit canal où circule agitée
Une rouge liqueur qui ne doit pas tarir.
Qu'un instant elle soit dans son cours arrêtée,
Il n'en faudra pas plus à l'homme pour mourir.
Quand la faucille d'or aux mains des druidesses,
Dans l'ombre des grands bois brillait comme un éclair,
Je parais de mes fleurs le front de ces prêtresses
Et le vent secouait mon arôme dans l'air.