Où va donc si matin la vieille Madeleine
Dans ses pauvres habits,
Avec sa chèvre noire à la mamelle pleine
Et sa blanche brebis ?
Son regard est humide et sa tête penchée ;
Sa mante de droguet semble mal attachée ;
Ses doigts, de son rosaire, ont passé plus d'un grain…
Il faut qu'elle ait au cœur un intime chagrin ! …
La chèvre, sans souci, pourtant, s'égaye en route ;
La brebis follement le long des talus broute.