Que chacun à son gré se carre sur son siège
Car mon discours commence et je parle longtemps.
Je vous préviens d'avance et ne tends pas de piége ;
Tant pis pour les grincheux et pour les mécontents !
M'écoutez-vous ? Oui-dà ! le joueur de bouillotte
A retiré sa carre, ô mémorable trait !
Le cordonnier suspend la carre d'une botte ;
Et celle d'un habit laisse un tailleur distrait.
De même au chapelier la carre de sa forme ;
De même à l'Auvergnat la carre du chaudron ;
Et, quittant à son tour sa quarre au bord énorme,
L'ouvrier des pécheurs vient, s'essuyant le front !
Mais ce n'est point assez : J'appelle pour m'entendre
Le soldat amateur du bouquet de son quart
Le marin qui, joyeux, à terre va descendre
Trouvant très à propos d'avoir fini son quart
À d'autres ! Approchez ! je n'ai point le quart même
Des auditeurs nombreux que j'appelle à l'envi :
Je veux la qualité ! la fine fleur ! la crème :
Banville, Karr, Dumas, Deroulède, Halévy !
C'est trop peu des vivants : À moi, morts de l'histoire,
Que vois-je ? Robert Carr, l'empoisonneur anglais !
Mais que voulais-je dire à ce vaste auditoire ?
Je ne m'en souviens plus : mes esprits sont troublés !