Qu'on la batte en plein jour : Elle est silencieuse. Elle ne souffle mot, si l'on s'y perd la nuit. Berne avec ses vieux ours n'est pas plus ennuyeuse ; Et Genève, du moins, respire et fait du bruit.
Qu'on l'aborde trop jeune : on s'y fane bien vite Et le printemps lui-même y semble être un été. Qu'on s'y mêle trop tard : alors on y gravite, Ainsi qu'un astre éteint dans un ciel déserté.
Qu'on l'entende siffler : on incline la tête, Saluant malgré soi son passage mortel. Pour les héros souvent c'est la dernière fête, C'est la sanglante fin d'un suprême cartel.
Qu'on la vanne en plein air : elle s'échappe et vole Comme un essaim folâtre en léger tourbillon ; L'enfant y fait long somme après un jour d'école, Le front moite et le teint tout neige et vermillon :
Qu'on l'entr'ouvre devant mainte et mainte fillette, Si lourde qu'elle soit, elle s'allégera… Est-ce un crime d'aimer quelque peu la toilette, Les pompons, les bijoux, les fleurs et cætera ?
Qu'on la lance trop fort au sortir de la classe Contre cette façade aux volets grands ouverts Et… clac ! sauve qui peut… ! quand la vitre se casse Le maître du logis prend cela de travers !
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