Je lisais en marchant quelque page ennuyeuse
De May, le vieil Anglais traducteur de Lucain,
Tandis que s'ébattaient dans la mousse soyeuse
Le timide lézard et le grillon taquin.
Mai sur tous les buissons entrouvrait des corolles ;
Il flottait dans les airs un encens parfumé ;
Les garçons rayonnants allaient par bandes folles
Planter dans les hameaux le poétique mets
Le grand Pierre avait dit à sa blonde promise :
Mets ta blanche couronne et marchons vers l'autel. »
Et la noce attablée, au retour de l'église,
Faisait honneur aux mets dans un rustique hôtel.
On laissait sur la maie la corde goudronnée
S'égoutter toute seule en noirâtres dépôts ;
Pour la première fois la mine abandonnée
Voyait la maie pointue et le pic en repos !
Mais tout n'était pas fête, hélas ! dans le village ;
À la veuve de Jean, ce jour semblait sans fin
Et ses pleurs sur sa joue allongeaient leur sillage :
Car sa maie était vide et l'enfant avait faim !