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1883

XXV

Mélanie BOUROTTE

L'air libre s'imprégnait des senteurs de l'aurore ; Dans son aire en lieux hauts l'oiseau dormait encore ; Plus que lui matineux, les moissonneurs hâlés Préparaient à grand bruit une aire pour les blés.

L'aire enfin des bons vents favorisait leur tâche ; La récolte exigeait un travail sans relâche. C'était, pour l'opulent et le déshérité, Une ère d'abondance et de prospérité.

Aussi chacun aux champs arrivait-il grande erre Le maître et ses valets, le glaneur pauvre hère ; Le moine laboureur dans sa haire de crin ; L'adolescent folâtre et le vieillard chagrin.

Et, durant le repas, à l'ombre d'un gros hêtre, Les filles entonnaient en chœur un air champêtre ; Tandis que l'on voyait en pieux à parte, L'air grave et récitant son benedicite,

Un timide aspirant du prochain séminaire, Desservant à venir du diocèse d'aire ; Et qu'en roulant les èr, un verbeux érudit, Tout seul à s'écouter, n'était point contredit.

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