Horreur ! il est privé de toute poésie,
Ce gourmet, ce viveur !
Dans une coupe d'or, versez-lui l'ambroisie ;
Il trouve, dira-t-il, au vin plus de saveur.
Que le grand bœuf mugisse en traversant la plaine,
Que le veau dans les prés se livre à ses ébats,
Que l'agneau blanc bondisse habillé de sa laine :
Il songe que leur moût n'est qu'un manger de chats !
Quand sur le champ de lin passent les douces brises,
Effleurant d'un baiser les corolles d'azur,
Il calcule tout bas le nombre de chemises
Qu'un habile travail en tirera pour sûr.
S'il entend le remous de l'écluse voisine
Et s'il voit le moulin, poétique réduit :
Quel impôt, dira-t-il, doit payer cette usine ?
Quel en est le produit ? »