Le corsaire bronzé rapportait de la Chine,
Après vingt-cinq combats, toute une cargaison :
Ivoires, pierres, thés et porcelaine fine,
— Et ce tissu, léger comme une mousseline,
Si propre aux vêtements pour la chaude saison.
C'était, sans hyperbole, un monceau de richesses
— À remuer avec l'outil du terrassier ! …
La fille du corsaire, enfant aux blondes tresses,
N'eut, pour ces vains trésors, ni regards, ni caresses,
Et refusa son cœur à cet appât grossier.
Mais, de ses blanches mains, nouant une guirlande
Avec ces mille fleurs de saphir et de feu,
Saintement à genoux, elle en fit une offrande
Pure comme la Foi qui s'abaisse et demande,
— Sous la voûte mystique où l'on va prier Dieu.