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1883

XLVII

Mélanie BOUROTTE

Je termine, mon Cher, un modeste voyage Aisément accompli sur les rives du Cher ; Dans ma bourse il n'a fait ni trou ni nettoyage : Mes pieds ont payé seuls ; un cheval est trop cher

Je ne vous dirai point qu'en cette promenade J'ai fait chère friande et me suis régalé : Rien que la chair des veaux et l'amère salade ! Cela ne coûte guère et c'est vite avalé.

J'ai parcouru la Creuse à la fraîche verdure Et jeté sur l'Allier des regards en passant ; Dans l'Indre, quelquefois, je couchais sur la dure ; Le Cher m'a traité mieux, j'en suis reconnaissant.

Je visite aujourd'hui sa vieille cathédrale, Aussi vaste qu'un monde avec ses nefs sans jour, Ses vitraux merveilleux qui colorent la dalle, Sa chaire et ses piliers, ses voûtes et sa tour.

L'extase m'éblouit ! Mais reprends, pauvre hère, Le fardeau qu'à porter le ciel t'a condamné ! La faculté célèbre où j'occupe une chaire Ouvre demain ses cours. Le départ a sonné ! »

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XLVII · Mélanie BOUROTTE · Poetry Cove