Les voyages, dit-on, façonnent la jeunesse.
J'en conviens, car j'en suis un exemple vivant.
Il n'est pas un chemin que mon pied ne connaisse ;
Il n'est pas un port où ne m'ait poussé le vent.
J'ai connu tour à tour abondance et famine ;
De mon pain frotté d'ail je me suis contenté ;
Mais à festin joyeux je n'ai point fait la mine
Quand ma bonne fortune à lui m'a présenté.
Dans les brûlants déserts, j'ai dormi sous la tente ;
Ailleurs, j'ai fréquenté le caravansérail ;
Et j'ai connu parfois les longueurs de l'attente
Devant les noirs verrous de quelque vieux portail.