Je suis le frère du grand chêne.
Noble est mon port, large est mon front.
En vain l'ouragan se déchaine :
Il n'ébranle pas mon vieux tronc !
Je règne au sein de la futaie ;
Et, de mes vastes bras, j'étaie
Les lianes dans leur essor ;
L'huile sort de mon fruit brunâtre ;
Mes rameaux secs échauffent l'âtre ;
Mon fût énorme est un trésor.
Enfin, je vis dans la mort même
Sous les outrages du fendeur.
Et l'on m'a choisi pour emblème,
Pour synonyme de grandeur.