Ils suivent le torrent que l'on appelle Creuse,
Par des talus rocheux fortement endigué ;
Depuis l'aube, à l'air vif, leur estomac se creuse ;
Pour gagner l'autre bord, ils réclament un gué
Mais ils n'en trouvent pas et reprennent leur chasse
Parmi la verte lande où l'ajonc refleurit ;
Et parfois dans un ret quelque pied s'embarrasse ;
Et parfois contre un roc quelque front se meurtrit.
Enfin le vent s'élève et l'averse les mouille ;
Ils gagnent, pour s'y perdre, une sombre forêt ;
Et transis, affamés, humiliés, « bredouille »,
À minuit seulement ils rentrent à Guéret.