Elle a tant jasé, la folle Jeannette,
Qu'elle est en retard ; on va la gronder.
Vite ! il faut remplir sa cruche bien nette,
Puis, à la maison, sans plus s'attarder !
Mais l'eau méchamment coule goutte à goutte,
Si bien qu'à l'entour on babille encor
En groupes nombreux au bord de la route.
Voyez-vous de là ce plaisant décor ?
À la fin, pourtant, l'aiguière est pleine ;
Même elle déborde. Et voilà midi !
Jeannette se trouble et fuit hors d'haleine,
Brûlant le pavé d'un pas étourdi.
Il en cuit souvent à qui trop jacasse !
On vit pour cela plus d'un cœur marri…
Toute femme est faible et tout pot se casse…
Jeannette, crois-moi : gare à ton mari !