Il déchire un lion sans effort et sans peine ;
Incendie en jouant le blé du Philistin ;
Court aux rudes combats comme un autre au festin ;
Et, tout à ses exploits, ne reprend pas haleine.
Gaza tremble à sa voix du soir jusqu'au matin…
Mais le poison d'amour s'infiltre dans sa veine :
Il boit imprudemment à sa coupe trop pleine
Et le fort devient faible. Humiliant destin !
Pourtant son dernier râle est comme un vent d'orage
Et son bras désarmé venge un suprême outrage
En écrasant les nains qui se riaient de lui ! …
Les hommes de nos temps ont pareille faiblesse…
Mais lequel se relève avec cette noblesse ? …
Lequel saurait mourir en vainqueur aujourd'hui ?